Dr Daniel Nérisson Dr Daniel Nérisson
Luxations antérieures répétées de l’épaule – Butée et Bankart

Luxations antérieures répétées de l’épaule – Butée et Bankart

Deux options chirurgicales : Butée et Bankart

Situation normale (Fig. 1)

De puissants ligaments (traits bleus) renforcent en avant et arrière la capsule de l’articulation de l’épaule. Ils maintiennent la tête de l’humérus en place quelle que soit la position du bras.

Lors d’une luxation antérieure de l’épaule (Fig. 2)

Il y a rupture des ligaments situés en avant, la tête de l’humérus passe en avant de l’omoplate et vient plus ou moins se bloquer en s’incarcérant sur le rebord de la glène qui est plus dur ; en général les ligaments ne cicatrisent pas et la luxation peut se reproduire.

L’intervention de stabilisation est obligatoire, deux options chirurgicales sont possibles :

  • Butée (Latarjet) (Fig. 3) : un crochet osseux est prélevé et détourné pour stabiliser solidement la tête humérale.
  • Réparation de la capsule (Bankart) (Fig. 4) : la capsule articulaire est réparée et fixée à son ancrage normal sur l’omoplate.
Fig. 1 : situation normale
Fig. 1 : situation normale
Fig. 2 : lors d'une luxation antérieure de l'épaule
Fig. 2 : lors d'une luxation antérieure de l'épaule
Fig. 3 : butée (Latarjet)
Fig. 3 : butée (Latarjet)
Fig. 4 : réparation de la capsule (Bankart)
Fig. 4 : réparation de la capsule (Bankart)
Fig. 1 : situation normale
Fig. 2 : lors d'une luxation antérieure de l'épaule
Fig. 3 : butée (Latarjet)
Fig. 4 : réparation de la capsule (Bankart)

Butée Coracoidienne Vissée (dite Latarjet)

Technique chirurgicale

  • Section de l’os coracoïde (trait rouge)
  • Ouverture en boutonnière du tendon et muscle sous scapulaire (SSC) (trait rouge)

La butée coracoïde est fixée sur l’os de l’omoplate par 2 vis à travers la « boutonnière » du sous scapulaire : la tête humérale est stabilisée.

Il existe un risque potentiel de blessure par traction sur le nerf musculo-cutané : déficit de la flexion active du coude (figuré en jaune).

Résultat : plus de 97% des opérés ont une épaule définitivement stable.

sections effectuées pour faire une butée d'épaule
sections effectuées pour faire une butée d'épaule
Butée d'épaule en place à travers le muscle SSC. En jaune le nerf de la flexion du coude
Butée d'épaule en place à travers le muscle SSC. En jaune le nerf de la flexion du coude
sections effectuées pour faire une butée d'épaule
Butée d'épaule en place à travers le muscle SSC. En jaune le nerf de la flexion du coude

Immobilisation très courte en attelle (1 semaine), uniquement pour sortir. Mobiliser le bras précocement en respectant la douleur.

  • Contrôle radio prescrit lors de l’hospitalisation et vérifié lors du contrôle à la consultation à J30
  • Rééducation commencée à partir de J30
  • Reprise du volant au début du 2e mois si épaule droite fin du 2e mois si gauche
  • Reprise du travail : entre 2e et 3e mois
  • Reprise des sports :
    • Natation/course à pied au 2e mois
    • Armé au 4e mois
    • Armé contré au 6e mois
  • Reprise du travail : entre 2e et 3e mois
  • Raideur de l’épaule ou diminution de la mobilité. Un certain degré de raideur est normal au début. Grâce à l’auto rééducation puis à la rééducation, elle va disparaître peu à peu. Si elle persiste, elle peut parfois être importante et douloureuse (capsulite rétractile). Elle rallonge alors la récupération.
  • Douleurs intenses et réaction inflammatoires. Elles se manifestent en général vers la fin du premier mois post opératoire et peuvent parfois évoluer en algodystrophie. Le traitement est long. Là aussi, la convalescence est rallongée de plusieurs mois. Ces complications sont fréquemment liées à un excès d’activité (domicile ou kinésithérapie).
  • Infection articulaire : les risques de fixation d’un microbe sur la région opérée sont faibles mais pas nuls. Il s’agit des germes de la peau (surtout si elle est grasse). La prévention repose sur la nécessité absolue d’avoir pris un shampooing avant l’opération. Son traitement repose sur les antibiotiques souvent suffisants et parfois une reprise chirurgicale.
  • L’hématome : épanchement de sang en provenance de l’articulation opérée qui s’étend sous la peau. Parfois importants et spectaculaires (surtout si vous prenez des médicaments fluidifiant le sang) mais inoffensifs la plupart du temps.
  • La blessure du nerf musculo-cutané : (voir les schéma). Peut entraîner douleur, perte de sensibilité et de mobilité lors de la flexion du coude.
  • Une mauvaise consolidation ou une disparition de la butée est possible mais rare. Cela n’entraîne pas nécessairement une reprise chirurgicale.

Les risques énumérés ne constituent pas une liste exhaustive sur laquelle ne figurent pas les risques liés à l’anesthésie. Votre chirurgien reste à votre disposition pour tous renseignements complémentaires.

Fixation Capsulaire (dite Bankart)

En conditions normales (Fig. 1)

La capsule articulaire antérieure, armée de renforts (ligaments en vert), empêche la sortie de la tête humérale vers l’avant quand le bras est en position de l’armé.

Lésion de Bankart (Fig. 2)

la tête humérale s’est luxée (et a été remise en place). La capsule articulaire antérieure est déchirée et n’est plus fixée à l’omoplate. La luxation de la tête humérale peut se reproduire très facilement quand le bras est en position de l’armé.

Suture d’une lésion de Bankart (Fig. 3)

Fixation de la capsule articulaire en bonne position par suture sur 2 vis noyées dans l’os. Nécessite, pour être efficace, une capsule articulaire de bonne qualité.

Résultat : plus de 85% des opérés ont une épaule définitivement stable.

Fig. 1 : en conditions normales
Fig. 1 : en conditions normales
Fig. 2 : lésion de Bankart
Fig. 2 : lésion de Bankart
Fig. 3 : suture d'une lésion de Bankart
Fig. 3 : suture d'une lésion de Bankart
Fig. 1 : en conditions normales
Fig. 2 : lésion de Bankart
Fig. 3 : suture d'une lésion de Bankart
  • Le pansement chirurgical est laissé 7 jours et supporte la douche. Il est ôté par l’infirmière de ville au 7e jour.
  • Les consignes pour votre auto rééducation vous sont données par nos kinésithérapeutes avant et après l’opération, à J+1 et J+15. Des fiches informatives sont fournies.
  • En général :
    • Le bras reste dans l’attelle coude au corps pendant 5 semaines. Seuls sont autorisés des mouvements pendulaires.
    • La rééducation débute à la 5e semaine après visite chez votre chirurgien.
    • Reprise du volant dans le 2e mois, plus aisée si épaule droite
    • Reprise du travail entre 2e et 3e mois, dépendant beaucoup du type de travail
    • Sports sollicitant l’épaule : natation fin du 2e mois, armé 4e mois, armé contré 6e mois

de façon non exhaustive en excluant celles qui sont liées à l’acte d’anesthésie

  • Raideur de l’épaule ou diminution de la mobilité. Un certain degré de raideur est normal au début. Grâce à l’auto rééducation puis à la rééducation, elle va disparaître peu à peu. Si elle persiste, elle peut parfois être importante et douloureuse (capsulite rétractile). Elle rallonge alors la récupération.
  • Douleurs intenses et réactions inflammatoires. Elles se manifestent en général vers la fin du premier mois post opératoire et peuvent parfois évoluer en algodystrophie. Le traitement est long. Là aussi, la convalescence est rallongée de plusieurs mois. En général liées à un excès d’activité (domicile ou kinésithérapie).
  • Infection articulaire : les risques de fixation d’un microbe sur la région opérée sont faibles mais pas nuls. Il s’agit des germes de la peau (surtout si elle est grasse). La prévention repose sur la nécessité absolue d’avoir pris un shampooing avant l’opération. Son traitement repose sur les antibiotiques souvent suffisants et parfois une reprise chirurgicale.
  • L’hématome : épanchement de sang en provenance de l’articulation opérée qui s’étend sous la peau. Parfois importants et spectaculaires (surtout si vous prenez des médicaments fluidifiant le sang) mais inoffensifs la plupart du temps.
  • La blessure du nerf musculo-cutané : Peut entraîner douleur, perte de sensibilité et de mobilité lors de la flexion du coude.
  • Une récidive de luxation par non cicatrisation de la capsule articulaire.

Les risques énumérés ne constituent pas une liste exhaustive. Votre chirurgien reste à votre disposition pour tous renseignements complémentaires.

À retenir

Butée épaule :

  • Intervention très sûre avec un grand recul
  • Nécessite une ouverture réelle (même si assistée par arthroscopie)
  • Stabilité excellente et rapidement obtenue
  • Immobilisation courte (1 semaine)
  • Cicatrice parfois inesthétique

Intervention de Bankart :

  • Intervention très « anatomique »
  • Réalisable totalement en arthroscopie
  • Immobilisation plus longue (1 mois)
  • Cicatrices minuscules

Points communs Butée et Bankart :

  • Pas de sport avec armé du bras avant fin du 4e mois
  • Pas de traitement par rééducation des luxations antérieures récidivantes traumatiques
  • Le choix entre les deux interventions est affaire de spécialiste
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